Denza, Zeekr, Voyah, XPeng… ces noms, encore peu connus du grand public européen, ambitionnent aujourd’hui de rivaliser avec BMW, Mercedes-Benz ou Porsche. Un mouvement de fond que le Journal de l’Automobile analyse dans un récent article, avec l’éclairage de Clément Dupont-Roc.
L’électrification a rebattu les codes du premium
Le premium automobile s’est longtemps défini par un moteur thermique performant, un savoir-faire mécanique et une fourchette de prix bien identifiée, entre 45 000 et 70 000 €. Avec l’arrivée de l’électrique, cette grille de lecture ne fonctionne plus : la valeur perçue ne repose plus sur le même socle technique, et les repères tarifaires traditionnels du segment s’en trouvent bousculés.
Une offensive technologique… à prix cassé
C’est précisément sur ce terrain que les constructeurs chinois avancent leurs pions. Des marques comme XPeng proposent des architectures 800V, une technologie jusqu’ici réservée au très haut de gamme allemand ou sud-coréen, à des tarifs inférieurs de 15 000 à 20 000 € par rapport aux équivalents européens. L’argument n’est plus seulement le prix : c’est la promesse d’un contenu technologique équivalent, voire supérieur, pour beaucoup moins cher.
Un marché du luxe qui reste, lui, très étroit
Reste que la conquête du premium ne se limite pas à la technologie. En France, le marché du luxe automobile (+100 000 €) ne concerne qu’environ 10 000 acheteurs potentiels, un chiffre stable depuis plusieurs années. Un vivier restreint, où l’image de marque, le réseau de distribution et la qualité de service pèsent souvent plus lourd que la seule fiche technique, un vrai défi pour des marques encore peu installées dans l’imaginaire des automobilistes européens.
