Un retour progressif vers la cuisine maison
« Les Français sont plutôt en train de revenir à la cuisine », souligne Pascale Hébel.
Ce mouvement s’explique par plusieurs facteurs conjoints : des arbitrages économiques dans un contexte d’inflation, une attention accrue portée à la santé et à la composition des aliments, mais aussi une pression sociétale croissante autour du “mieux manger”, portée à la fois par les politiques publiques et les réseaux sociaux.
La cuisine retrouve ainsi une place centrale dans le quotidien d’une partie des ménages, sans pour autant constituer une tendance uniforme.
Une société de plus en plus fragmentée
Au-delà de ce mouvement de fond, une ligne de fracture se dessine nettement.
« Il y a une fracture dans la société entre ceux qui cuisinent et les autres », précise Pascale.
D’un côté, des individus qui développent des compétences culinaires et cherchent à mieux maîtriser leur alimentation, en privilégiant les produits bruts et la cuisine maison.
De l’autre, des profils qui s’orientent davantage vers des solutions rapides et pratiques, avec une consommation plus forte de produits prêts à consommer.
Cette différenciation ne relève pas uniquement des préférences individuelles : elle s’ancre également dans des facteurs sociaux, tels que le niveau de diplôme, les habitudes familiales ou encore les conditions de vie.
Des pratiques alimentaires qui évoluent dans les usages
Cette recomposition se traduit également dans les comportements concrets du quotidien.
Selon notre étude Trendshaker bimensuelle, menée auprès d’un échantillon national représentatif de 2 000 individus de plus de 18 ans et qui décrypte et anticipe les tendances de consommation :
- la livraison de repas recule (-2 pts vs 2024)
- le nombre de repas pris à l’extérieur diminue fortement (-22 % pour les déjeuners et -15 % pour les dîners entre 2018 et 2025)
- le batchcooking et les lunchbox perdent aussi du terrain : 51 % des Français préparent des plats pour la semaine (-3 pts vs 2024) et 65 % apportent leur déjeuner sur leur lieu de travail (-9 pts vs 2024)
Ces évolutions traduisent des arbitrages différents selon les modes de vie et les contraintes du quotidien.
Interview complète dans le journal Républicain Lorrain
